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EXEMPLES DE RECHERCHE
Définitions des termes :
- bonheur : Etat de satisfaction parfaite, de contentement du corps, du coeur et de l'esprit.
- vie : Du latin vita, «vie», «existence». 1. Vie : en biologie, ensemble des phénomènes propres à tous les organismes (animaux et végétaux), parmi lesquels l'assimilation, la croissance et la reproduction. 2. Durée s'écoulant de la naissance à la mort. 3. Élan vital : chez Bergson, courant de vie qui se déploie à travers la matière en créant perpétuellement de nouvelles formes.
- plaisir : Du latin placere, être agréable à .. a) Sensation ou émotion agréable, liée à la satisfaction d'un besoin, d'un désir. b) Principe de plaisir : chez Freud, principe primaire en vertu duquel nous cherchons d'abord à nous procurer du plaisir et à fuir le déplaisir.
Extrait du corrigé : 2.2 La recherche du bonheur s'identifie plus à une quête morale qu'à une poursuite du plaisir. La recherche du bonheur s'inscrit dans la durée et non dans l'instant comme celle du plaisir. La finalité est de nature morale et non sensible. « Le bien pour l'homme consiste dans une activité de l'âme en accord avec la vertu, et, au cas de pluralité de vertus, en accord avec la plus excellente et la plus parfaite d'entre elles. Mais il faut ajouter : « et cela dans une vie accomplie jusqu'à son terme », car une hirondelle ne fait pas le printemps, ni non plus un seul jour : et ainsi la félicité et le bonheur ne sont pas davantage l'oeuvre d'une seule journée, ni d'un bref espace de temps. » ARISTOTE, Ethique à Nicomaque, I 6. 2.3 Le bonheur est une fin mais il s'agit moins pour l'homme de le rechercher comme tel que de s'en rendre digne. La volonté de vivre en accord avec ses maximes coïncide avec la volonté de se rendre digne d'être heureux.
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Le corrigé du sujet "Le bonheur ne réside pas dans une vie vouée au plaisir ?" a obtenu la note de : aucune note
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Il faut de prime abord définir ce qu'est le plaisir pour ensuite tenter de voir dans quelle mesure sa poursuite coïncide ou non avec celle du bonheur. Le plaisir se caractérise par son évanescence, il est passager, tandis que le bonheur suppose la durée. Le bonheur peut-il être identifié à une somme de plaisirs ? Ce que l'on vise dans le bonheur est l'obtention d'un état de plénitude stable, la recherche du plaisir, quant à elle, peut accompagner un état passionnel et en ce sens être irrationnelle. Le rapport à la raison semble opposé dans les deux cas. Prendre le bonheur pour fin n'est pas contraire à la raison, au contraire il caractérise tous les êtres raisonnables. En revanche faire du plaisir une fin peut s'avérer être un obstacle au règne de la raison. Si le bonheur et le plaisir visent tout deux la satisfaction de l'individu pour autant il semble qu'ils y arrivent par des chemins différents. Pour résoudre cette difficulté, le fait que l'on ne puisse pas tout simplement opposer ces deux types de recherche, nous allons procéder à l'analyse de trois hypothèses. La première souligne la coïncidence entre la poursuite du bonheur et celle du plaisir. La deuxième montre la différence entre elles. Enfin la troisième hypothèse tente de trouver un lien entre la recherche du bonheur et celle d'un certain genre de plaisir.
« Gorgias : Veux-tu savoir ce que sont le beau et le juste selon la nature ? Hé bien, je vais te le dire franchement ! Voici, si on veut vivre comme il faut, on doit laisser aller ses propres passions, si grandes soient-elles, et ne pas les réprimer. Au contraire, il faut être capable de mettre son courage et son intelligence au service de si grandes passions et de les assouvir avec tout ce qu’elles peuvent désirer. Seulement, tout le monde n’est pas capable, j’imagine, de vivre comme cela. C’est pourquoi la masse des gens blâme les hommes qui vivent ainsi, gênée qu’elle est de devoir dissimuler sa propre incapacité à le faire. La masse déclare donc bien haut que le dérèglement est une vilaine chose. C’est ainsi qu’elle réduit à l’état d’esclaves les hommes dotés d’une plus forte nature que celle des hommes de la masse ; et ces derniers, qui sont eux-mêmes incapables de se procurer les plaisirs qui les combleraient, font la louange de la tempérance et de la justice à cause du manque de courage de leur âme.Socrate : Mais, tout de même la vie dont tu parles, c’est une vie terrible ![…] En effet, regarde bien si ce que tu veux dire, quand tu parles de ces genres de vie, une vie d’ordre et une vie de dérèglement, ne ressemble pas à la situation suivante. Suppose qu’il y ait deux hommes qui possèdent, chacun, un grand nombre de tonneaux. Les tonneaux de l’un sont sains, remplis de vin, de miel, de lait, et cet homme a encore bien d’autres tonneaux, remplis de toutes sortes de choses. Chaque tonneau est donc plein de ces denrées liquides qui sont rares, difficiles à recueillir et qu’on obtient qu’au terme de maints travaux pénibles. Mais, au moins, une fois que cet homme a rempli ses tonneaux, il n’a plus à y reverser quoi que ce soit ni à s’occuper d’eux ; au contraire, quand il pense à ses tonneaux, il est tranquille. L’autre homme, quant à lui, serait aussi capable de se procurer ce genre de denrées, même si elles sont difficiles à recueillir, mais comme ses récipients sont percés et fêlés, il serait forcé de les remplir sans cesse, jour et nuit, en s’infligeant les plus pénibles peines. Alors, regarde bien, si ces deux hommes représentent chacun une manière de vivre, de laquelle des deux dis-tu qu’elle est la plus heureuse ? Est-ce la vie de l’homme déréglé ou celle de l’homme tempérant ? En te racontant cela, est-ce que je te convaincs d’admettre que la vie tempérante vaut mieux que la vie déréglée ? […]
Gorgias : Tu ne me convaincs pas, Socrate. Car l’homme dont tu parles, celui qui a fait le plein en lui-même et en ses tonneaux, n’a plus aucun plaisir, il a exactement le type d’existence dont je parlais tout à l’heure : il vit comme une pierre. S’il a fait le plein, il n’éprouve plus ni joie ni peine. Au contraire, la vie de plaisirs est celle où on verse et reverse autant qu’on peut dans son tonneau ! »
Platon, « Gorgias ».
La formule grecque, qu'on traduit traditionnellement par « le commencement et la fin », est tout aussi bien rendue par « le principe et le but ».
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