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EXEMPLES DE RECHERCHE
Extrait du corrigé : » Saussure, « Cours de linguistique ». L'analyse de Saussure s'inscrit en droite ligne dans la tradition inaugurée par Hegel (« Vouloir penser sans les mots, c'est une tentative insensée [...] Le mot donne à la pensée son existence la plus haute est la plus vraie »). Dans la forme, on notera le recours à des métaphores éclairantes : une masse d'eau et sa surface sont rigoureusement inséparables, comme le recto et le verso d'une feuille de papier. Il s'agit de mettre en évidente le caractère tout aussi indissociable des deux composantes du langage oral articulé ; l'ordre des sons (ou du « signifiant ») et celui des idées véhiculées par les mots (ou du « signifié »). C'est le constat, de l'impossible séparation entre les mots et les idées, qui conduit Saussure à décrire la langue comme une réalité dans laquelle « on ne saurait isoler ni le son de la pensée, ni la pensée du son ». Une langue n'est donc pas une collection d'étiquettes sonores ou graphiques servant à la désignation des choses, mais un système de signes « à deux faces ». Pour bien marquer l'absolue complémentarité de ces deux faces, Saussure proposa de nommer signifié la représentation mentale à laquelle renvoie le signe, et signifiant l'image phonique ou graphique associée à chacune de ces représentations (ou concepts). Par exemple lorsque nous prononçons, entendons, lisons ou écrivons le mot « chien », nous faisons en quelque sorte deux choses à la fois : nous pensons à son « signifié » (mammifères quadrupèdes, couvert de poil, qui aboie, etc.), et nous lui adjoignons immédiatement le « signifiant » qui donne à cette représentation une existence matérielle (les sons ou syllabe « ch-i-en »).
Corrigé de 4470 mots (soit 7 pages) directement accessible
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Angles d’analyse
® La question peut s’entendre selon deux dimensions fondamentales. En effet, on doit se demander d’une façon générale si le langage empêche le sujet d’être pleinement lui-même en ce qui le contraint et l’englue dans des conventions linguistiques strictes. Mais c’est aussi le problème de l’autonomie de la pensée par rapport au langage qui est ici mise à la question.
® L’homme, doit-il, pour « exister » de manière générale, passer obligatoirement par la médiation du langage pour s’exprimer et entrer dans le monde ? De la même manière, la structure de notre pensée se réduit-elle à ce que les structures de sa langue lui permettent ?
® Etre prisonnier signifie bien entretenir un rapport d’absolue dépendance quant à la nécessité du langage. L’homme ne peut-il pas exister objectivement dans le monde et pour les autres qu’à partir du moment où il passe par la médiation du langage ?
® Prenons le cas de la pensée = Chercher le mot juste, ce n’est pas tant chercher le mot qui exprimerait notre pensée que chercher à former, en la formulant, une pensée qui ne serait, sans cela, qu’un sentiment confus, de sorte qu’on peut dire, avec Hegel que « c’est dans les mots que nous pensons. » (Encyclopédie, §462 Add) Mais si la pensée est, ainsi, inséparable du langage, est-ce qu’elle est également inséparable de la langue que nous parlons ? Si nous pensons le monde à travers la langue que nous parlons, la pluralité des langues n’implique-t-elle pas une pluralité des mondes, et l’impossibilité pour l’humanité de partager un monde réellement commun ? Notre pensée est-elle donc prisonnière de la langue que nous parlons ?
® Notre pensée est-elle, sous toutes ses formes, et quels que soient ses efforts, prisonnière du langage ? Prendre conscience de cette limite, n’est-ce pas déjà, en un sens, la dépasser et s’en libérer ?
Problématique
Il s’agit de se demander si l’homme, dans son existence matérielle comme intellectuelle, peut se passer de la médiation du langage ou si bien au contraire celui-ci structure de part en part notre rapport au monde. Il s’agira alors de voir à quelle condition le langage peut-être, à l’inverse, un instrument de libération. En quoi sommes-nous soumis au langage et à ses structures ? N’est-il pas tout autant un moyen de libération ? A quelle condition peut-il l’être ?
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